Ministry of Health in Senegal
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In your opinion, what outcomes would make the first Global Dialogue on AI Governance a success?
Pour que le premier Dialogue Mondial sur la Gouvernance de l'IA soit une réussite il faudrait : En premier lieu, le Dialogue doit aboutir à une reconnaissance formelle des réalités régionales, notamment celles des pays en développement d'Afrique subsaharienne, trop souvent absents des décisions mondiales structurantes. Une gouvernance de l'IA véritablement inclusive suppose que les voix du Sud global co-construisent les cadres, et ne se contentent pas de les adopter après coup. En second lieu, l'intégration de l'IA dans la santé comme sous-thème transversal dans au moins un groupe thématique idéalement dans tous. La santé numérique est un terrain d'application prioritaire de l'IA, avec des enjeux majeurs : équité d'accès, qualité des données, biais algorithmiques, souveraineté des données de santé des populations. Ne pas l'inscrire à l'agenda serait une occasion manquée. Troisièmement, le Dialogue devrait produire une feuille de route opérationnelle pour le renforcement des capacités en IA dans les pays à faibles ressources, avec des engagements mesurables des États et des mécanismes de suivi clairs. En dernier lieu, un résultat important serait l'établissement d'un cadre d'interopérabilité des approches de gouvernance, permettant aux États de développer des régulations nationales cohérentes et compatibles, sans imposer un modèle unique inadapté aux contextes locaux. Enfin, le succès se mesurera également à la qualité de la participation multipartite : gouvernements, société civile, secteur privé, communautés académiques et organisations de santé doivent avoir contribué équitablement au dialogue, et pas uniquement les acteurs technologiques des pays du Nord.
From your perspective, which of the following thematic areas identified by the General Assembly Resolution 79/325 for the AI Dialogue reflect your priorities for urgent action and active engagement?
- Safe, secure and trustworthy AI
- AI capacity-building
- Social, economic, ethical, cultural, linguistic and technical implications of AI
- Protection and promotion of human rights
Please briefly explain your selection.
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Ces quatre priorités reflètent directement les défis auxquels font face les systèmes de santé africains à l'ère de l'IA. Le renforcement des capacités est fondamental : sans infrastructures numériques robustes, sans personnel de santé formé aux outils d'IA, et sans données de santé structurées et représentatives des populations africaines, aucune gouvernance efficace n'est possible. L'Afrique ne peut pas simplement importer des solutions elle doit développer ses propres expertises. Les implications sociales, éthiques et culturelles sont particulièrement critiques en santé. Les systèmes d'IA déployés sans tenir compte des réalités locales diversité linguistique, pratiques culturelles, inégalités de genre risquent de reproduire et d'amplifier les inégalités existantes dans l'accès aux soins. Une IA sûre et digne de confiance est non négociable dans le secteur de la santé. Les décisions cliniques assistées par l'IA engagent directement la vie des patients. Des mécanismes de validation, de supervision et d'audit adaptés aux contextes à faibles ressources sont urgents. Enfin, la protection des droits humains encadre toutes les autres priorités : la confidentialité des données de santé, le consentement éclairé et la non-discrimination algorithmique sont des droits fondamentaux que la gouvernance de l'IA doit garantir, y compris et surtout pour les populations les plus vulnérables.
In your opinion, are there any cross-cutting or emerging issues not captured by the listed themes above? If so, please explain.
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Oui, plusieurs enjeux transversaux majeurs méritent d'être explicitement intégrés au Dialogue. L'IA en santé comme domaine à part entière. La santé est remarquablement absente des groupes thématiques identifiés, alors qu'elle représente l'un des terrains d'application les plus sensibles et les plus prometteurs de l'IA. Les enjeux spécifiques gouvernance des données de santé, biais dans les algorithmes diagnostiques, souveraineté des données patients, validation clinique des outils d'IA dans des contextes à faibles ressources nécessitent une attention dédiée, pas seulement une mention transversale. La souveraineté des données à l'échelle régionale. Au-delà de la protection individuelle des données, se pose la question de qui contrôle les données agrégées des populations africaines, souvent captées par des plateformes étrangères. Cette dimension géopolitique de la gouvernance de l'IA dépasse les cadres actuels de droits humains ou d'interopérabilité technique. L'impact environnemental de l'IA. L'empreinte carbone et hydrique des infrastructures d'IA centres de données, entraînement de modèles est rarement évoquée dans les discussions de gouvernance, alors qu'elle affecte directement les pays les plus vulnérables au changement climatique, dont beaucoup sont africains. La gouvernance des IA génératives dans les contextes multilingues. Les grands modèles de langage sont massivement entraînés sur des données en langues européennes. Les biais qui en résultent, notamment pour les langues africaines, ont des conséquences concrètes en santé publique, en éducation et en accès à l'information. Ce défi linguistique et épistémique dépasse le seul cluster culturel.
How are the governance gaps and related developments/advances in the thematic areas you selected above affecting your country, region, or sector? Please highlight the most significant challenges.
En Afrique subsaharienne, les lacunes de gouvernance de l'IA ont des répercussions directes et concrètes sur les systèmes de santé. Les défis sont multiples et interdépendants. L'absence de cadres réglementaires adaptés expose les populations à des outils d'IA déployés sans validation clinique locale. Des algorithmes diagnostiques entraînés sur des données non représentatives des réalités africaines morphologies, génétiques, épidémiologies produisent des résultats biaisés, avec des conséquences potentiellement graves pour les patients. La majorité des pays de la région ne disposent pas encore de législations robustes sur la protection des données de santé, laissant les données des patients vulnérables à une exploitation commerciale non consentie par des acteurs étrangers. Le manque de capacités institutionnelles freine également l'adoption responsable de l'IA en santé. Les professionnels de santé, régulateurs et décideurs manquent souvent de formation pour évaluer ou contester les systèmes d'IA qui leur sont proposés, créant une dépendance technologique préoccupante. Pourtant, les opportunités sont réelles et considérables. L'IA représente une chance historique de compenser les déficits structurels des systèmes de santé africains : pénurie de spécialistes, inégalités géographiques d'accès aux soins, surcharge des agents de santé communautaires. Des outils d'aide au diagnostic, de surveillance épidémiologique ou de gestion des chaînes d'approvisionnement pharmaceutique peuvent transformer ces systèmes à condition d'être développés avec et pour les communautés locales. La région dispose d'un atout majeur : une population jeune, connectée et en croissance rapide, capable de porter une innovation endogène ambitieuse. Une gouvernance mondiale inclusive est la condition pour que ces opportunités profitent réellement aux populations africaines.
What role can the AI Dialogue play in advancing international cooperation on AI governance?
Le Dialogue Mondial sur la Gouvernance de l'IA peut jouer un rôle structurant et irremplaçable dans la coopération internationale, à plusieurs niveaux. Créer un espace de convergence sans imposer l'uniformité. Le Dialogue devrait établir un socle commun de principes partagés sécurité, transparence, équité tout en respectant la diversité des différents etats. Il ne s'agit pas d'harmoniser par le haut, mais de rendre les approches compatibles et interopérables, notamment entre pays du Nord et du Sud. Amplifier les voix sous-représentées. La coopération internationale n'est réelle que si toutes les régions participent à égalité à la production des normes. Le Dialogue peut institutionnaliser des mécanismes de consultation régionale comme celle en cours sur la gouvernance des données de santé pour que les priorités africaines, asiatiques et latino-américaines informent réellement les décisions globales. Mobiliser des ressources et des transferts de compétences. Au-delà des discussions, le Dialogue devrait catalyser des engagements concrets : financements pour le renforcement des capacités, partage de données d'entraînement représentatives, accès aux infrastructures de calcul pour les pays en développement. La coopération internationale doit se traduire en ressources tangibles. apprendre et capitaliser des nombreuses initiatives existent déjà. Le Dialogue doit jouer un rôle de plateforme fédératrice, créant des ponts entre ces efforts plutôt que de les concurrencer. En santé particulièrement, cette coopération est vitale : les pandémies ignorent les frontières, et l'IA en santé publique ne peut être efficace que si elle est construite collectivement.
What are some of the existing initiatives, partnerships, or mechanisms that the AI Dialogue should build upon or connect with, and what added value could the AI Dialogue bring?
De nombreuses initiatives existantes constituent des fondations solides sur lesquelles le Dialogue devrait s'appuyer activement. Au niveau mondial, la Recommandation de l'UNESCO sur l'éthique de l'IA (2021), le cadre de gouvernance de l'OMS sur l'IA en santé, et le Pacte Numérique Mondial offrent des références normatives déjà négociées et largement adoptées. Le Dialogue doit s'articuler explicitement avec ces instruments plutôt que de repartir de zéro. Au niveau régional africain, la Convention de l'Union Africaine sur la cybersécurité et la protection des données personnelles (Convention de Malabo), la Stratégie continentale pour l'IA de l'UA, et les initiatives de l'Africa CDC sur la santé numérique représentent des cadres endogènes essentiels. Le Dialogue doit les reconnaître et les renforcer. Dans le secteur de la santé spécifiquement, le réseau OMS AFRO, les plateformes de partage de données épidémiologiques comme DHIS2, et des organisations comme HealthTech Hub Africa, Helina, etc. constituent des relais opérationnels indispensables pour ancrer la gouvernance de l'IA dans les réalités terrain. La valeur ajoutée distinctive du Dialogue réside dans sa capacité unique à créer une cohérence entre ces initiatives fragmentées : établir un langage commun, identifier les lacunes non couvertes, et générer des engagements politiques de haut niveau qui donnent force et légitimité aux mécanismes existants. Le Dialogue ne doit pas être une initiative de plus il doit être le catalyseur qui connecte, amplifie et donne une direction collective à l'écosystème mondial de gouvernance de l'IA.
How can different stakeholders contribute to the AI Dialogue? Please share recommendations for the format and structure of the AI Dialogue.
Une gouvernance inclusive de l'IA exige une participation structurée et équitable de toutes les parties prenantes, bien au-delà des gouvernements. Les gouvernements doivent apporter des engagements politiques concrets et mesurables, pas uniquement des déclarations d'intention. Ils ont la responsabilité de traduire les consensus du Dialogue en législations nationales adaptées à leurs contextes. La société civile et les organisations de santé numérique comme doivent pouvoir contribuer en amont via des soumissions écrites, des consultations régionales thématiques et pas uniquement en tant qu'observateurs lors des sessions plénières. Leur expertise terrain est irremplaçable pour ancrer la gouvernance dans les réalités vécues. Le secteur privé doit participer avec transparence, en déclarant ses intérêts et en s'engageant sur des standards de responsabilité vérifiables, notamment en matière de partage de données et d'audit algorithmique. Les communautés académiques et scientifiques doivent alimenter le Dialogue en données probantes, particulièrement sur les impacts réels de l'IA dans les pays en développement. Sur le format et la structure, nous recommandons : Des sessions thématiques régionales préparatoires, accessibles virtuellement, pour garantir une participation géographiquement équitable avant chaque Dialogue annuel. Des mécanismes de suivi entre sessions pour évaluer la mise en œuvre des engagements pris. Une représentation paritaire Nord-Sud dans les panels et les organes de pilotage. Des formats accessibles multilingues, incluant les langues africaines majeures, pour ne pas exclure les acteurs non francophones ou non anglophones. La légitimité du Dialogue se construira par la qualité et l'équité de sa participation pas uniquement par le rang de ses participants.
Which voices, communities, or perspectives are currently underrepresented in global discussions on AI governance? How could they be included?
Les communautés sous-représentées sont nombreuses et identifiables. Les professionnels de santé de première ligne en Afrique agents communautaires, infirmiers ruraux, médecins généralistes sont les premiers utilisateurs potentiels des outils d'IA en santé, mais leurs expériences n'informent quasiment jamais les discussions mondiales. Les femmes et les jeunes des pays en développement, doublement marginalisés dans les espaces technopolitiques, portent des perspectives essentielles sur les impacts concrets de l'IA dans leurs communautés. Les communautés rurales, majoritaires en Afrique subsaharienne, subissent les conséquences des décisions d'IA sans jamais y participer ni comme producteurs de données, ni comme parties prenantes des cadres réglementaires. Les régulateurs nationaux des pays à faibles ressources manquent souvent de capacités pour s'engager efficacement dans les forums internationaux, créant une surreprésentation structurelle des pays technologiquement avancés. Pour inclure ces voix, des mécanismes concrets sont nécessaires : Financer la participation des représentants du Sud global, avec traduction et accompagnement technique. Créer des consultations communautaires préalables, relayées par des organisations comme HealthTech Hub Africa, Helina, etc. Intégrer des quotas de représentation régionale et genrée dans les panels officiels. L'inclusion est une condition de pertinence pas un idéal abstrait.
What innovative engagement formats could most effectively foster meaningful and dynamic engagement during the AI Dialogue?
Les formats traditionnels de dialogue multilatéral panels d'experts, déclarations plénières, sessions Q&A limitées ne suffisent plus à générer un engagement réellement significatif et inclusif. Plusieurs formats innovants méritent d'être expérimentés. Les dialogues délibératifs structurés inspirés des assemblées citoyennes permettent à des participants non experts de s'approprier des enjeux complexes et de produire des recommandations légitimes. Appliqués à l'IA en santé, ils pourraient faire émerger des priorités communautaires souvent invisibles dans les négociations techniques. Les simulations et jeux de rôle réglementaires où différentes parties prenantes incarnent des positions opposées pour négocier un cadre de gouvernance fictif génèrent une compréhension mutuelle profonde et des compromis créatifs, particulièrement utiles sur des sujets aussi polarisés que la régulation de l'IA. Le secteur privé et les hackathons de gouvernance, associant juristes, ingénieurs, professionnels de santé et représentants communautaires, peuvent produire en temps réel des propositions concrètes et opérationnelles sur des défis spécifiques comme la gouvernance des données de santé. Les plateformes de contribution asynchrone multilingue, accessibles entre les sessions formelles, permettent aux acteurs des pays en développement de contribuer sans les contraintes de fuseau horaire ou de coût de déplacement. Enfin, des sessions de restitution communautaire après chaque Dialogue traduites et adaptées aux contextes locaux garantiraient que les décisions prises à Genève redescendent réellement vers les populations concernées.
Please share examples of policies, practices, platforms, or approaches that promote effective AI governance or offer concrete solutions to addressing its challenges.
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Plusieurs initiatives concrètes démontrent qu'une gouvernance efficace de l'IA est possible, y compris dans des contextes à ressources limitées. Au niveau politique et réglementaire, la Recommandation de l'UNESCO sur l'éthique de l'IA (2021) offre un cadre normatif universel adapté aux contextes nationaux. Au Rwanda, la Politique Nationale sur l'IA constitue un exemple africain pionnier d'intégration de principes éthiques dans une stratégie nationale de développement technologique. En santé numérique, le DPI, la plateforme DHIS2 déployée dans plus de 70 pays illustre comment des outils open source, gouvernés collectivement, peuvent structurer la collecte et l'utilisation responsable des données de santé à grande échelle, y compris en Afrique subsaharienne. Sur le renforcement des capacités, le programme de l'ITU AI for Good et les initiatives de l'Africa CDC sur la santé numérique démontrent l'efficacité des partenariats multipartites pour former des régulateurs et professionnels de santé à l'évaluation critique des outils d'IA. HealthTech Hub Africa contribue directement à cet écosystème en connectant innovateurs, décideurs et communautés de santé à travers le continent, favorisant une adoption de l'IA en santé ancrée dans les réalités locales et respectueuse des droits des patients. Ces exemples partagent un point commun : ils placent les communautés concernées au cœur de la conception et de la gouvernance des solutions.